Le Culturel

Découvrir ou redécouvrir Clara Furey

2006, Place des Arts, Clara Furey…

J’allais vivre mon tout premier et ultime moment de catharsis.

« Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent » présentait leur toute première mouture de ce grand festin de mots. Cette anarchie poétique où les artistes les plus téméraires nous offraient cette folle vision de Loui Mauffette; de ce que devrait être une parfaite communion d’âmes! J’ai bel et bien vécu ce moment parfait et magique. C’est en grande partie dû au fait que Clara Furey m’est rentrée dedans comme une tonne de briques (et les mots sont faibles!).

Clara Furey, toute puissante

Je ne connaissais alors que très peu de choses d’elle, ne serait-ce qu’elle était « la fille de ». (Non, je ne vais pas, comme chaque article, citer ses parents, elle déteste ça, on peut comprendre aisément pourquoi). Quant à moi, je l’avais vu dans CQ2. C’est une excellente façon de découvrir sa puissance contenue et le pouvoir de ses mouvements en attendant votre prochaine chance de la recevoir en vrai.

Il ne m’en fallait pas plus pour être complètement subjuguée et totalement accro! Depuis, j’ai eu la chance de la voir en performance près d’une dizaine de fois. Jamais je n’en suis ressortie intacte. Elle dépose quelque chose en nous, à chaque proposition artistique, peu importe la forme qu’elle choisit.

Un parcours classique

Clara Furey est diplômée des Ateliers de Danse Moderne de Montréal et diplômée en piano classique du conservatoire de Paris. Elle est auteure-compositrice-interprète, en plus d’être actrice, danseuse, chorégraphe et tous ces autres titres qui ne sont pas encore réellement des catégories. Elle refuse, questionne, bouscule les cadres artistiques et aime multiplier les propositions diverses dans ses créations. Ce portrait d’elle, finissante de l’école de danse contemporaine de Montréal, nous donne beaucoup de pistes quant à sa fougue et ce qui l’anime.

 

Entre 2009 et 2011, elle propose un spectacle piano-voix qui se culmine avec le Festival de Jazz de Montréal où elle fait salle comble! On aime sa voix particulière, ses ambiances au croisement entre Cocorosie et Bjork. Elle propose d’ailleurs quelques-unes de ses créations sur MySpace.

Ses collaborations

Parce qu’elle crée de façon aussi rageuse qu’elle danse, elle se découvre une grande amitié avec la comédienne québécoise Céline Bonnier. Ce qui leur permet de donner libre cours à leur sensibilité artistique similaire et ainsi offrir en 2011 le spectacle « Hello, How are You » au Théâtre de la Chapelle (je m’en mords encore les doigts de ne pas avoir réussi à mettre la main sur des billets!). Pour saisir un peu l’univers parallèle que les deux femmes ont créé pour aborder les ravages qui sous-tendent les relations, je vous propose ce court-métrage lié à la production.

Dans le cadre du FTA en 2012, Clara Furey travaille avec Benoit Lachambre pour présenter le spectacle Chutes Incandescentes. J’adore ces moments captés presque en voleur que le FTA a mis en ligne, moments de créations brutes!

En passant, la programmation du FTA 2017 vient tout juste de sortir et les billets s’envolent à grande vitesse. Si vous voulez miser sur un bon show à voir, je parie qu’il se trouve dans ceux-ci!

Puis comment ne pas être complètement charmé et bouleversé par cette collaboration avec Francis Ducharme pour le groupe Dear Criminals pour la chanson petite mort. On y observe ce couple, ses déchirements… j’en suis restée troublée longtemps après l’écoute. Vous devez prendre le temps de visionner ce court film!

Puis, à l’Usine C, cette année j’ai eu la chance de retrouver Clara dans son spectacle qui revenait et repartait en tournée Européenne « United tales » créé avec Peter Jasko. Ce n’était pas la première collaboration qu’elle faisait avec son frère Thomas Furey. Mais, ce fût pour moi la première fois que je recevais cette mise en commun de leurs talents et univers. Un gros gros wow!

DanseDanse 2017

Pour notre grand bonheur, elle travaille en ce moment sur sa nouvelle création: « Cosmic love ». Elle sera présentée à la Place des Arts en décembre 2017. Vous serez au fait de tous les détails en suivant le lien de Danse Danse ici. Je commence déjà à compter les jours!

« Continuant son parcours riche et atypique, Clara Furey nous surprend en tant que chorégraphe en se situant là où on ne l’attend pas. Elle signe ici sa première pièce de groupe et nous plonge dans un univers intime et sombre qui questionne la radiance des corps. »

Ainsi, en dialogue avec le compositeur Thomas Furey et un quatuor de danseurs, elle met en mouvement la notion philosophique de la noirceur.

« La noirceur aspire tout. Les géométries, les feux, les animaux, moi-même. Avec quelle facilité elle nous recueille, nous rassemble » écrivit Rainer Maria Rilke. Clara Furey prend la balle au bond et construit une pièce chorégraphique autour de la résonance des sens. »

« Corps entre tension et harmonie, dialogue autour des contrastes, Cosmic Love est multiple, sauvage et sensible. »

Clara Furey, artiste complète

Toutes critiques confondues, les adjectifs et les qualificatifs qui lui sont attribués sont tout sauf fades et mesurés. Elle est une artiste totale, entière, remplie de fougue. Elle marque par son essence si unique, par la violence des mots que son corps nous balance à la figure. On ne peut rester insensible à ces électrochocs de performances. Elle danse et performe avec une viscéralité déconcertante.

Comme tous joyaux, les informations de ses prochaines performances sont parfois difficiles à trouver. Mais, je suis convaincue que comme moi, vous vous ferez un devoir et plaisir à faire ces recherches pour ne rien manquer!

Je désire conclure avec les mots de Christine Blais parus dans La Presse en 2010. Je crois que seul ces mots auraient suffi à cet article!

« Clara Furey fait dans la chanson théâtrale, avec une tension dramatique, des décors sonores et visuels, de superbes projections sur grand écran pertinentes, une mise en scène véritable pour chacun des morceaux. Vêtue d’un “habit de lumière”, celui des toréadors, la jeune femme de 27 ans est tour à tour mâle alfa et femme, maître et servante, toreo et animal sacrifié…

Clara Furey : un étrange mélange de douleur, de grâce, de lumière, de physicalité, de poésie, d’impudeur, de fragilité, de quasi virilité, d’érotisme, de rage, Il y a là une artiste, c’est indéniable. »

Bonne découverte, on se croisera peut-être lors de sa prochaine grande création!

Petit bonus, juste parce que c’est trop bon, elle a repris le succès de Kurt Cobain « Where did you sleep last night ». C’est… juste merveilleux. Allez écouter ça!

Vous pourriez aussi aimer...

Pas de commentaire

Laisser un commentaire