Plaisirs gourmands

Le Dîner en Blanc

Jeudi soir dernier, si vous vous promeniez dans le coin de l’hôtel de ville de Montréal, vous êtes peut-être tombé nez
à nez avec quelque 5 000 personnes toutes de blanc vêtues. Pique-niquant joyeusement en attendant de se déhancher fougueusement sur la place Jacques-Cartier, piste de danse d’un soir, pour le Dîner en Blanc de Montréal!

Tableau inusité, féérique, loufoque. Tous les qualificatifs sont bons pour décrire l’événement. Le Dîner en Blanc de Montréal, c’est un rendez-vous qui se répète une fois par année depuis maintenant 9 ans. Plusieurs milliers de personnes se préparent pendant des semaines à partager un pique-nique chic, empreint de décorum, d’élégance et d’étiquette. Mais attention! Pas snob pour deux sous.

Un rendez-vous urbain inusité

Le temps d’une soirée, des amis se laissent aller à la surprise en se retrouvant un peu partout dans la ville, pour ensuite se faire accompagner dans un lieu gardé secret jusqu’à la toute dernière minute. Le secret du lieu ajoute à l’expérience. Et le lieu en lui-même est important. Cette année, le site choisi était les alentours de l’hôtel de ville. Quel beau clin d’œil à notre métropole qui fête son 375e anniversaire!

diner en blanc de montréal

Dans les dernières années, les participants ont, entre autres, envahi le Quai de l’Horloge, le Stade olympique, l’Esplanade de la Place des Arts et la place du Canada. Tous des lieux caractéristiques de notre ville. Et nous attendons avec impatience l’année où nous nous retrouverons sur le mont Royal ou – rêvons un peu – sur le pont Jacques-Cartier. Parce que le Dîner en Blanc, c’est bien sûr un rendez-vous annuel d’amis, mais c’est aussi une manière de se réapproprier la ville.

On ressent une espèce de satisfaction et d’excitation à débarquer, comme ça, dans un lieu public, et à s’y installer. Et quand je dis « installer », je veux réellement dire « installer ». Les quelque milliers de participants arrivent avec leur table, leurs chaises, leur panier de pique-nique et leur vaisselle, et prennent place pour la soirée. C’est d’ailleurs aussi impressionnant pour les participants que pour le « public » nous observant.

Il faut voir le visage des gens qui ne comprennent pas ce qui se passe, qui se retournent sur notre passage, qui sont figés par l’étonnement, qui sortent leur appareil photo, et qui, on le sent, veulent garder un souvenir de ce spectacle éphémère. C’est effectivement assez spectaculaire de voir tout ce beau monde là, alors qu’une heure auparavant il n’y avait que la ville au naturel. Et c’est surtout impressionnant d’en faire partie.

Le Dîner en blanc et entre amis

Je dois l’avouer: on se sent un peu privilégié. En fait, c’est réellement un privilège que de participer au Dîner en Blanc. Il faut savoir que pour s’y inscrire, on doit avoir été invité par un participant d’une année antérieure. Pourquoi? Pour respecter la tradition. Eh oui! Initialement, l’événement a été lancé à Paris en 1988 par François Pasquier qui, revenant d’un long voyage, a voulu réunir tous ses amis.

Il a eu l’idée de leur donner rendez-vous dans un lieu public pour pique-niquer. Pour que tous se retrouvent facilement, il leur a demandé de s’habiller en blanc. D’année en année, il a répété l’invitation. Les amis ont invité leurs amis qui ont invité leurs amis, et ainsi de suite. Aujourd’hui, le Dîner en Blanc de Paris réuni plus de 10 000 personnes.

Il y a neuf ans, Aymeric, le fils de François Pasquier, a décidé de transporter la tradition à Montréal. Ce fut non seulement un succès instantané, mais aussi grandissant. Le Dîner en Blanc fait maintenant partie des événements à inscrire à son calendrier.

Alors, serez-vous des nôtres l’an prochain?

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