Le Culturel

L’art urbain tout en couleurs

En septembre dernier, Montréal a perdu un de ses grands artistes: Alexandre Veilleux.

Considéré ici comme un des chefs de file du mouvement de l’art de rue, celui que des milliers de graffiteurs à travers le monde connaissent sous le nom de Scaner a embelli les murs de la ville, sa ville, pendant plus de 20 ans. Et quand je dis « embelli », le mot est bien choisi. Ses créations sont complexes, réfléchies, colorées. Son tag « His inimitable » est d’ailleurs l’un des plus reconnaissables à Montréal. Alors oui, on peut dire que la métropole est aujourd’hui plus belle grâce à Scaner.

Montréal est comme une immense toile à ciel ouvert. Partout, sur les façades des immeubles, les portes de garages, les wagons de trains, à même les trottoirs ou encore sur les Bixis, à la vue de tous ou caché dans des recoins de ruelle, l’art sous forme de graffiti est présent.

Si, à une époque pas si lointaine, les graffitis étaient considérés comme de la pollution visuelle, il en est tout autrement aujourd’hui. Art urbain, art de rue, street art… Ce n’est pas pour rien que le mot « art » est associé à cette pratique. Alors qu’autrefois elle était associée aux gangs de rue, on reconnait maintenant qu’il y a de vrais artistes derrière les œuvres. Certains sont portés par des intentions politiques, d’autres veulent tout simplement s’exprimer, et telle est leur manière de le faire. Et quoi de mieux que l’espace public pour être vu du plus grand nombre!

Ce caractère public est d’ailleurs ce qui donne toute son importance à ce type d’art. L’œuvre n’est pas exposée dans une galerie ou un musée. Elle n’appartient pas à une personne en particulier. Elle est la propriété de tous, de la communauté. Elle est éphémère et en constante évolution. Elle vit au rythme de la ville. Elle est la ville.

Montréal est reconnue à l’international comme un lieu d’art, de festivals et de liberté. Ce n’est donc pas un hasard si il y a ici non pas un, mais bien deux festivals qui célèbrent l’art urbain. D’abord, Under Pressure, le plus ancien festival de cultures urbaines encore actif dans le monde. Il fut fondé en 1996 par deux graffiteurs, Seaz et Flow. Une place importante de la programmation de Under Pressure est réservée, tous les ans, aux graffitis et au street art.

Puis, depuis 2012, un autre évènement met de l’avant l’art de rue, soit le Festival MURAL. On doit d’ailleurs à l’édition 2017 la splendide murale à l’effigie de Léonard Cohen, par l’artiste Kevin Ledo. MURAL regroupe évidemment des artistes urbains, des muralistes, des musiciens et d’autres créateurs. Mais plus d’un million de Montréalais et de visiteurs y prennent également part chaque année avec une excitation toujours renouvelée. Quel excellent moyen de démocratiser l’art urbain!

Je suis loin d’être une experte, je ne connais en fait pas grand-chose sur le graffiti, sur le mouvement, sur les revendications premières des artistes. Mais je sais reconnaître ce qui rend Montréal unique. L’art de rue fait maintenant partie intégrante de la ville, et nous pouvons en être fiers.

Je parle surtout ici des murales, véritables œuvres d’art urbain qui tapissent Montréal jusque dans ses moindres recoins. Levez les yeux, regardez autour de vous: vous serez surpris et subjugués par ce que vous verrez. Les couleurs, les détails, les messages. Le talent de ces artistes. La beauté de la ville.

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