Découvertes

Mon premier ancrage à Montréal

Seul sur le sable, les yeux dans l’eau…

Inspirée par le succès de Roch Voisine, voici l’histoire de mon arrivée à Montréal.

Seule sur une île, les pieds dans l’eau…

Pas grand rapport avec Roch, si ce n’est le nom de ma première belle rencontre montréalaise: Hélène.

L’histoire commence en mars 2006. Je découvrais simultanément Montréal, la slush et les bas mouillés.

À 23 ans, je débarquais à Montréal sans connaître personne. J’arrivais dans une colocation humide, trouvée trois jours plus tôt à distance, dans le coin de la station Jolicœur à Verdun. J’allais travailler à l’île des Sœurs, je commençais quelques jours plus tard. Vivre et travailler entre deux îles me laissait rêveuse…

J’étais loin d’imaginer cet autobus, matin et soir, faire le plein de travailleurs à la station De L’Église, et les déposer 20-30 minutes plus tard pour travailler auprès de riches insulaires. J’appris plus tard qu’il y a deux Verdun qui n’ont pas grand-chose en commun. Nounous et employés se retrouvaient quotidiennement pour traverser le fleuve. On pouvait compter les retardataires dans ce bus qui ne passait qu’aux demi-heures. Tiens, la petite Philippine à lunettes n’est pas là aujourd’hui… Ah, le grand monsieur fatigué n’a pas l’air dans son assiette… Oh, cette fille me dit vraiment quelque chose, mais je ne la replace pas… Pourtant de tels cheveux, ça ne s’oublie pas.

Je prends mes marques dans mon nouveau quartier et ma nouvelle ville. Je commence à comprendre le fonctionnement des tickets de correspondance pour prendre l’autobus, je m’inscris au Énergie Cardio de la rue Wellington et découvre le yoga. Et revoilà cette fille à la grande chevelure bouclée. Décidément…

Un flash après une séance d’abdos-fessiers me la replace enfin. Mais oui, bien sûr ! Cette fille-là m’a ouvert un compte en banque quelques semaines auparavant, à la RBC de l’île. Elle m’a même envoyé une petite carte de bienvenue peu de temps après notre rencontre. Un je-ne-sais-quoi de sympathique émane d’elle, j’ai envie de faire sa connaissance.

Le lendemain, je la salue dans l’autobus, échange quelques banalités. La glace est brisée et le contact, établi.

Quelques jours plus tard, je la recroise à une expo au Musée des beaux-arts. C’en est trop ! On décide d’un commun accord de se laisser porter par le destin, et nous terminons la journée en partageant une bière non loin de là. Ce fut la première d’une longue série…

Voilà le début de mon amitié avec Hélène. Mon amie québécoise, comme je l’ai longtemps appelée.

Nous avons toutes deux quitté Verdun, fait des infidélités à Montréal, fait des sauts à l’est ou à l’ouest… mais, depuis nos soirées verdunoises, nous avons gardé le même plaisir à nous émerveiller devant notre ville et toutes ses bizarreries. Combien de fois nous sommes-nous attendries devant les ruelles déglinguées, l’enchevêtrement de fils électriques, le melting-pot charmant de commerces du boulevard Saint-Laurent et les personnages bigarrés qui peuplent les rues. Nous ne comptons pas les pintes partagées dans les bars de Montréal, du Saint-Sulpice au Vices & Versa, ni les cafés qu’Hélène m’a appris à aimer. Mon amie québécoise a quitté Montréal par amour, mais son amour pour Montréal est intact, même à 100 000 lieues de moi. Je l’attends de pied ferme pour le temps des fêtes.

Nous avons 45 pintes, 70 lattes et 322 sushis de retard.

Hélène, attache ta tuque!

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