Histoire

Montréal, ville au cent clochers

Plusieurs villes dans le monde sont surnommées « ville aux cent clochers ». C’est la France qui en compte le plus avec Reims, Rouen, Troyes, Poitier, Dijon, Caen et Arras. En Belgique on parle de Liège, en République-Tchèque de Prague et en Slovaquie de Bratislava. Mais même si toutes ces villes sont connues ainsi, c’est bien sûr de Montréal dont on vous parle ici.

D’où nous viens cet expression?

La ville aux cent clochers: l’expression originale est attribuée à Victor Hugo alors qu’il décrit Rouen dans « Les feuilles d’automne », recueil de poèmes de 1831. Pour sa part, on dit souvent que Montréal doit cette appellation à Mark Twain qui l’utilisa pour décrire la ville lors de son passage en 1881. En réalité, ce n’est pas tout à fait cela qu’il aurait déclaré. L’écrivain américain aurait plutôt dit : «C’est bien la première fois que je m’arrête dans une ville où l’on ne peut lancer une pierre sans risquer de briser un carreau d’église.» Mais peu importe en fait quand et qui l’a dit pour la première fois. Ce que l’on retient, c’est surtout que maintenant, cette célèbre expression représente bien une réalité montréalaise. Il y a des églises partout!

Un peu d’histoire

À l’époque de la colonisation de Montréal, la religion a une importance toute particulière. Les Français veulent convertir les Amérindiens et c’est par le catholicisme que cela doit se faire. Les églises commencent à pousser un peu partout sur le territoire. Puis, quand les Anglais arrivent dans la seconde moitié du 18e siècle, ils se mettent à ériger leurs propres églises de confession anglicane. Et ainsi de suite, pendant plus de 200 ans, se suivent les vagues d’immigration. Avec chacune d’elles, de nouvelles communautés culturelles, des barrières de langues, des religions différentes et, forcément, la construction de nouvelles églises. C’est ainsi qu’à travers le temps, il y aurait eu jusqu’à 600 églises érigées sur l’Île.

Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, les lieux de cultes revêtaient une importance bien particulière. La beauté et la richesse des églises étaient un reflet de la richesse de la paroisse, du quartier. D’ailleurs, les catholiques, les Irlandais et les protestants avaient au moins une église dans chacun des quartiers. Autant de symboles de leur présence et de leur importance dans le développement de la ville qu’est devenue Montréal depuis sa fondation.  Mais c’était une autre époque.

Que sont devenues nos églises?

Aujourd’hui, la religion n’a plus l’importance qu’elle avait jadis dans la communauté. Les gens ont cessés de fréquenter les églises. Les couples ne s’y marient même plus. Ainsi, avec le temps, au moins 70 églises ont été détruites et plus de 250 ont été reconverties. Si les Montréalais d’aujourd’hui ne vont plus à l’église pour y prier, ils ont plutôt la chance d’y vivre, d’y manger et même d’y travailler. Effectivement, d’anciens lieux de cultes sont aujourd’hui des restaurants, des résidences, des bibliothèques ou encore des maisons de ventes aux enchères.

Montréal, la ville aux cent clochers. La meilleure manière de saisir la véracité de cette expression, c’est de regarder la ville d’un point de vue élevé. À partir du belvédère Mont-Royal, de la tour du Stade Olympique ou encore du sommet de la Place Ville-Marie. On voit alors poindre les clochers des églises et on constate à quel point celles-ci peuvent être rapprochées les unes des autres. Autrement, c’est simplement en sillonnant les rues. Là encore, quelques pas, quelques coins de rue et on passe d’une église à l’autre. Et à certaines heures de la journée, on peut encore entendre les cloches résonner.

Lieux de culte

Parmi toutes ces églises qui enrichissent la ville de leur présence, certaines revêtent une importance toute particulière. L’Oratoire Saint-Joseph, bien sûr, qui à lui seul mériterait qu’on y consacre un texte entier. Il s’agit de la plus grande église en Amérique du Nord et d’un des lieux les plus visités au Canada. Et, bien que Montréal compte quelques gratte-ciels d’importance, aucun ne dépasse le faîte de l’Oratoire. La basilique cathédrale Marie-Reine-du Monde (réplique réduite de la basilique Saint-Pierre de Rome), la basilique Notre-Dame (où on a pu admirer le spectacle Aura tout au long de cette année du 375e de Montréal), l’église unie méthodiste Saint-James (site historique national à l’impressionnante architecture gothique) et l’église Saint-Michel de l’Archange (avec son style néo-byzantin surprenant) sont autant d’autres lieux de culte qui méritent qu’on les connaissent, qui méritent d’être visités. Comme toutes les églises de la ville, elles sont un pan de notre histoire et ont fait de Montréal la ville que nous aimons aujourd’hui.

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