Histoire

L’Oratoire St-Joseph, grande fierté des Montréalais

Comme Montréalais, que savons-nous de l’Oratoire Saint-Joseph?   Après avoir dit que c’est un gros bâtiment sur le Mont-Royal, pour plusieurs, surtout les plus jeunes, ça s’arrête là. Les aînés doivent en savoir un peu plus car de nombreuse famille se réclame d’une guérison grâce au Frère André.

Visiteurs et recueillement

J’ai travaillé quelque temps à l’Oratoire. J’ai arpenté ses corridors, ses escaliers et ses nombreux lieux de recueillement avec bonheur. Outre le site magnifique et changeant au grès des saisons, ce sont les rencontres que j’y ai fait qui m’ont le plus marquées. Je sais c’est cliché, mais c’est vrai! Les témoignages sur les guérisons étaient nombreux. Souvent, ça commençait par « je ne crois pas à ça, moi, les miracles, mais untel dans ma famille a été guéri par Frère André ». Car si ce dernier insistait pour que les visiteurs demandent guérison à St-Joseph, la culture populaire attribue les miracles à ce petit homme simple et près des gens. Un monsieur, un jour m’a dit que sans le Frère André, il ne serait simplement pas né! Sa mère ayant été miraculeusement guérie.

Dans la chapelle votive, on peut voir les nombreuses (il y en aurait plus, mais on manquait de place) béquilles et orthèses remises en offrande (ex-voto) à St-Joseph et Frère André pour avoir exhaussé les prières de guérison. On peut aussi y faire notre propre prière en allumant un cierge sous l’une des déclinaisons du patronat de St-Joseph dans l’église catholique.


Bien que le site soit plus grand que nature, je reviens aux gens qu’on y rencontre. Des plus fervents croyants à ceux qui cherchent un réconfort, tous sont accueillis par l’oratoire et semblent y trouver un lieu de recueillement et de paix. On y apprend le respect des croyances de chacun. Si la majorité sont des visiteurs sans intention religieuse, je pense qu’ils se laissent gagner par l’esprit du lieu.

Je ne suis pas croyante mais j’étais impressionnée par les pratiques des visiteurs. Il ne faut pas manquer la relique du cœur de Frère André où les gens laissent des photos des êtres chers et des messages dans lesquels on imagine qu’ils écrivent leurs prières. On peut aussi toucher au tombeau de Frère André et aux pieds de la statue de Marie dans le passage aménagé entre les murs de l’Oratoire et le roc de la montagne. Et oui! Certains montent les escaliers extérieurs à genoux (l’escalier central est de bois, pour ménager les genoux fatigués!).

Reflet d’une époque

Frère André travaillait au Collège Notre-Dame et vouait un culte à St-Joseph. En 1904, avec l’aide de d’autres religieux et de quelques amis laïcs, il érige une petite chapelle dans le boisé face au collège. Les dons de thaumaturge de Frère André attirent les foules et dérangent la hiérarchie ecclésiastique. Frère André est un peu un rebelle résilient. Sa communauté religieuse ne lui demande pas d’arrêter de recevoir le public, mais elle ne le soutien pas vraiment dans ses démarches. Quand les visiteurs, dont plusieurs malades, commencent à être nombreux, on lui demande de les recevoir dans la station de tramways, de l’autre côté de la rue, en face du collège. Après tout, on a beau être religieux, les miracles ça reste suspect…
C’est l’époque où la société québécoise est très croyante et l’ambitieux projet pour l’oratoire reflète cette ferveur populaire. La crypte (la partie basse de l’oratoire) est ouverte en 1917 et la basilique (la section haute avec le dôme) est complété en 1956.

Un peu d’architecture…

L’extérieur de l’Oratoire tire son langage architectural du style Beaux-Arts : dôme, colonnes corinthiennes, arcs en plein cintre, etc… Ses architectes, Viau & Venne, sont à l’origine de nombreux bâtiments montréalais, notamment, dans le secteur du Mont-Royal, la Maison mère des Sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie et le pavillon principal du Collège Brébeuf. Leur travail très néo-classique était bien apprécié des congrégations religieuses qui ont fortement contribué au paysage montréalais.

La chance que nous avons, c’est que la basilique de l’Oratoire fut réalisée plus tardivement et son style est marqué par une esthétique moderne rare dans de tels monuments religieux. Les majestueux arcs paraboliques polygonaux qui utilisent le béton comme on le voit rarement ouvrent l’espace basilical dans un dégagé qui unifie la nef et le chœur. La décoration intérieure est aussi ancrée dans l’esthétique moderne. Remarquez les vitraux, les portes des confessionnaux, les majestueuses statues des disciples dans le transept, et les bas-reliefs de Frédéric Back (à découvrir dans les escaliers ouest de la basilique). Et quand l’orgue empli cet espace immense, c’est éblouissant !

À voir, à faire

On ne le soupçonne pas mais l’Oratoire c’est vraiment très grand : la crypte, la chapelle votive, le tombeau de Frère André, les terrasses, le musée, l’exposition sur la vie de Frère André, la relique de son cœur, la basilique, le jardin et la chapelle primitive… Si on veut vraiment faire le tour, c’est long!
On peut aussi y aller lors de messes à la basilique ou dans l’église crypte. Je vous recommande un concert d’orgue, c’est une expérience intense! Il y a aussi des concerts du carillon extérieur et des visites guidées tous les jours. Au besoin, vous pouvez y consulter un prêtre. Vous pouvez y faire bénir ce que vous voulez. Anecdote : un soir, juste après les heures de disponibilité des prêtres, un jeune homme se présente pour demander une bénédiction. Je lui ai expliqué qu’il pouvait revenir demain, mais il ne voulait pas quitter l’oratoire sans faire bénir… sa nouvelle voiture!
Plus d’information sur quoi faire à l’Oratoire sur leur site internet https://www.saint-joseph.org/fr/ et pour en rire un peu, un très drôle sketch des cyniques  https://youtu.be/X8sMlKBajmg .

Vous pourriez aussi aimer...

Pas de commentaire

Laisser un commentaire