Le Culturel

Je me souviens… de mes St-Jean

Je me souviens de cette époque où je célébrais la St-Jean. J’étais adolescente. Une douce rebelle. Pas trop revendicatrice, mais bien fière de mes opinions. Fière de mes racines. Fière de mon Québec.

Comme beaucoup, le 24 juin j’avais juste le goût de crier « Vive le Québec libre» à plein poumons, une bière à la main, entourée de mes amis. Dans la cour ou au sous-sol d’une amie, sur le Plateau Mont-Royal, Côte-des-Neiges, Notre-Dame-de-Grace ou à Outremont. Dans un parc de Montréal ou sur le Mont-Royal.

On préparait notre 24 juin des jours à l’avance. Avec qui fêterait-on? Où irait-on? Que consommerait-on? L’école était terminée. On allait bientôt partir chacun de notre côté pour l’été. Il nous restait une dernière soirée, une dernière nuit de festivité avant de nous quitter jusqu’en septembre. La fin de l’année scolaire, le début de l’été, notre pays. Tant de raisons de fêter. Alors c’est ce qu’on faisait. Et on le faisait bien. On fêtait dans la joie, l’abondance, l’excitation et parfois, souvent, l’abus de substances. On savait comment et avec qui la journée allait débuter, mais jamais comment elle allait se terminer. Il y avait une douce folie qui planait sur la ville et dans nos cœurs et rien ne pouvait nous arrêter. On était fier, on était beau, on était invincible.

je me souviens de mes St-Jean

Les 24 juin de mon adolescence furent mes plus beaux. Des fleurs de lys dessinées sur les joues, des drapeaux du Québec cousus sur nos sacs, de la musique québécoise dans nos oreilles. On fêtait notre Québec. On célébrait notre pays. À cette époque nous n’étions surtout pas Canadiens. Nous étions Québécois. Simplement et uniquement.

Les années ont passé. De mon adolescence, restent maintenant une foule de souvenirs. J’ai vieilli. Je suis toujours aussi fière de mes opinions, fière de mes racines, fière de mon Québec. Toujours aussi peu Canadienne. Je suis toujours très Québécoise et je suis surtout Montréalaise.

Je ne fête plus la St-Jean comme avant. Je ne ressens plus ce besoin presque vital de crier haut et fort « Vive le Québec libre » à pleins poumons, une bière à la main, entourée de mes amis. Je crois encore en ce pays qui pourrait être le nôtre. Mais je ne crois pas que je le verrai de mon vivant. Je suis réaliste et je suis rêveuse.

Aujourd’hui, c’est le 24 juin. Je souhaiterai Bonne St-Jean à mes voisins si je les vois. J’amènerai peut-être mes enfants à la fête du quartier. Je boirai probablement une bière en fin d’après-midi. Et j’écouterai Gilles Vigneault. Si je ne sais pas exactement comment ma journée va se dérouler, je sais que je la terminerai avec lui, avec sa voix, avec ses mots. Et je serai heureuse de cette journée. Heureuse d’être au Québec, heureuse d’être à Montréal, heureuse d’être entourée des miens.

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