Le Culturel

L’art public montréalais

D’un pas pressé, je me rends à un rendez-vous. Je sors de mon immeuble, je traverse une rue achalandée, je croise des valises qui roulent mal (dans mon chemin!), je prends un raccourci en passant par un square public. Devant moi, un touriste s’arrête subitement pour prendre une photo… mais qu’est-ce qui peut l’intéresser ici? Devant lui (et déjà derrière moi) se dresse un monument du 19e siècle. Une statue d’un homme important peut-on s’imaginer. Le touriste ne le connaît certainement pas, la majorité des montréalais ne pourrait dire son importance historique.

Les monuments montréalais

On connaît mal la raison d’être de plusieurs monuments montréalais, même des plus récents. Pourtant ils habitent nos parcs, nos places publiques, nos rues, exposés aux intempéries, ponctuant nos déplacements quotidiens. On les croise tous les jours, souvent, on ne s’arrête pas pour les regarder.

Inspirations pour la postérité

Au 19e et début du 20e siècle la figure humaine est très présente dans l’art public. On a donc hérité de nombreux bustes, statues et autre allégories aux formes humaines sur cheval ou de pied en cape. Si on a un jour décidé de leur donner une forme pérenne, c’est justement pour qu’ils s’inscrivent dans le présent et le future, au-delà d’être écrit dans des livres ils feront partie de notre paysage urbain. Nos ancêtres les ont choisi pour nous transmettre leur histoire, leurs valeurs…

L’histoire à travers l’art

Parmi mes préférés, le très solennel monument à Maisonneuve sur la Place d’Armes. Maisonneuve trône là-haut, mais ceux que je préfère sont en bas. L’amérindien aux aguets est magnifique et que dire de la chienne Pilotte (qui a sauvé la colonie d’une attaque, paraît-il… ) retenue par son maître Closse. Prêts à bondir, leurs positions contrastent avec la douceur de Jeanne-Mance.

On ne peut passer sous silence le grandiose monument hommage à Georges-Étienne Cartier au pied du Mont-Royal. L’ange et les lions sont des figures marquantes du paysage montréalais. Des lions, on en retrouve beaucoup: ici, en rapprochement avec la couronne britannique, là, symbolisant la force… il y a toujours une bonne raison de mettre un gros lion!

Des monuments moins connus valent le détour, spontanément je pense au monument à Jacques Cartier au parc St-Henri et à la plus petite sculpture des baigneurs ornant le bain Morgan dans Hochelaga.

Les nouvelles formes de la modernité

Des artistes majeurs font parties de cette collection d’art public dont nous avons hérité, notamment les sculpteurs Alfred Laliberté et Louis-Philippe Hébert.

Depuis la seconde moitié du 20e siècle, les monuments de Montréal ont pris diverses formes. Évidemment, la collection d’art public montréalais a suivi ces nouveaux courants. Reflet de la société qui le crée et dans lequel il s’ancre, l’art public moderne et contemporain est plus proche de nos préoccupations actuelles. Encore de grands noms de la sculpture ponctuent nos coins de rues et nos parcs: Vaillancourt, Charles Daudelin, Michel Goulet entre autres.

Des monuments qui touchent

À contre courant, j’ai toujours aimé l’œuvre de Daudelin, Agora, au Square Viger. Ce mélange de béton et de végétation me touche. Une construction ouverte, mais protectrice. Il était prévu qu’elle soit animé par des activités…. ce n’est pas arrivé. D’autres l’ont trouvé accueillante.

Qui n’est pas touché par ce grand homme, recroquevillé à l’angle de Sherbrooke et St-Denis? Parfois, à travers le chaos de la ville, on aurait aussi envie de se recroqueviller. Le Malheureux Magnifique de Pierre Yves Angers. Son titre dit tout.

L’Art international

La collection accueille aussi des œuvres d’artistes contemporains de renommées internationales tel que Daniel Buren (Neuf couleurs au vent) et Alexander Calder (Trois disques ou l’Homme).

Dans les installations plus récentes, j’adore le travail de Cooke-Sasseville: une autruche s’enfonce la tête dans un gramophone (Le Mélomane) ou le batteur géant (Mélangez le tout)! On ne peut pas rire et y réfléchir aussi.

Installé sur l’ancienne autoroute Bonaventure, Dendrites de Michel de Broin, est aussi fort intéressante, enracinée dans le passé industriel du site. Constituée de deux structures qui semblent émerger du sol de part et d’autre de la rue Notre-Dame, on peut y monter pour avoir un point de vue différent sur la ville.

Dans les œuvres plus récentes, plusieurs sont des installations qui sont intégrées au site et dans lesquels le visiteurs peut déambuler. Nef pour 14 reines, en hommage aux femmes de Polytechnique est un bon exemple.

La collection des Montréalais

Toutes ces œuvres sont issues de la collection d’Art public de la Ville de Montréal. Elles sont toutes exposées dans des lieux publics. L’art public est toujours un dialogue entre les lieux et les publics, d’hier à aujourd’hui. C’est une réflexion amorcée par ceux qui ont installé les œuvres et ceux qui en font l’expérience. L’art public cherche à transmettre des idées, des valeurs, des réflexions. S’agissant de notre collection montréalaise, elle doit nous ressembler.

Je vous invite à profiter de ces monuments montréalais. Pour planifier un parcours ou pour en savoir plus sur l’œuvre ou le monument que vous croisez peut être tous les jours, allez visiter le site du Bureau d’art public de Montréal.

Pour d’autres inspirations, cet article sur l’Oratoire Saint-Joseph pourrait vous intéresser.

Vous pourriez aussi aimer...

Pas de commentaire

Laisser un commentaire