Art de vivre

Triste et gris novembre

Novembre. Le mois gris, le mois pluvieux, le mois des arbres qui se dégarnissent et des sols qui gèlent. Octobre et l’Halloween sont passés. Décembre et Noël se font attendre. Alors que reste-t-il en novembre?

Le changement d’heure. Les matins clairs — même si généralement gris — et les nuits noires à 17h. Peut-être que celui de 2018 sera le dernier. Il y a des rumeurs à ce sujet. Je l’espère. Car si quelques-uns se réjouissent de se réveiller à la clarté, je ne suis sûrement pas la seule à manquer de lumière en novembre.

La musique de Noël dans les boutiques. C’est pourtant beaucoup trop tôt. Depuis quand la course folle aux cadeaux doit-elle commencer avant décembre? Le mois de novembre est si ennuyeux que notre seule consolation est de penser à Noël des semaines d’avance. Mais qui se réjouit vraiment de vider son portefeuille si tôt.

Triste et gris Novembre

Les trottoirs se vident. Fini le temps des cafés en terrasse. Si certains restaurateurs ont bravé le temps maussade de l’automne en gardant leur terrasse ouverte le plus tard possible, novembre vient définitivement mettre un frein à la période du café au soleil. Les passants délaissent donc les rues commerçantes pour les centres d’achat. Et les grandes balades à pieds se transforment en pare-chocs à pare-chocs. Y a-t-il plus de voitures sur la route à partir de novembre? J’aurais tendance à le croire.

La ville retire les balançoires des parcs. Ce jeu qui vit par lui-même, même sans être utilisé, n’est plus. Les carrés de sable et les glissoires demeurent, mais sans les balançoires, les parcs perdent leur mouvement. C’est un peu le symbole de la fin. Pendant de longs mois, nous longerons l’espace de jeux, sans y entrer. Avec l’espoir de le retrouver en même temps que l’éclosion des bourgeons.

Montréal, si belle, lumineuse et pleine de vie depuis des mois, s’endort tranquillement sous la grisaille. Elle est tout à coup moins jolie notre ville. Elle se prépare au froid qui arrive à grands pas; et tente bien de se parer de quelques couleurs et lumières pour annoncer Noël, mais c’est trop tôt. Beaucoup trop tôt et on n’y croit pas.

Triste et gris Novembre

Vous aurez compris que je ne porte pas novembre dans mon cœur. C’est un mois que j’annulerais bien du calendrier. Il est froid et laid. Il est gris et déprimant. Et il est là pour rester. Peut-être que c’est moi en fait le problème. Peut-être que je devrais m’endormir le soir de l’Halloween et me réveiller le matin du premier décembre. Je serais reposée et en pleine forme pour affronter les longs mois d’hiver. Mais ça ne fonctionne pas comme ça.

Alors je fais quoi? Je laisse trainer mon vélo dehors, comme pour braver le temps. Je garde mon manteau et mes bottes d’automne le plus longtemps possible, quitte à avoir froid aux pieds. Puis, je traine mari et enfants dans les rues du Vieux-Montréal, eux qui préféreraient rester bien au chaud à la maison. Et j’installe mes pneus d’hiver à la dernière minute, me forçant ainsi à ne pas l’utiliser trop vite cette voiture.

Cette année, il neige en novembre. Alors peut-être que les terrasses seront ouvertes en mars.

Espoir.

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