Carnet d'entrevues

Voyageur chez soi

Entre un tournage et une séance d’écriture, le talentueux et fort occupé Guillaume Lambert accepte de nous parler de sa relation avec sa ville, Montréal. Originaire de Sorel, il habite Montréal depuis presque vingt ans, une ville qui ne cesse de le fasciner. D’ailleurs, pour garder cette flamme pétillante, il tente d’y vivre comme s’il y faisait un voyage continuel, en y posant les regards neufs des découvreurs.

L’enchantement et l’inspiration l’accompagnent donc au quotidien et il ne se prive pas pour mettre la ville en scène.

«Montréal fait partie de mes histoires, tout naturellement. Aussi, ça me permet de créer un certain flou entre la fiction et la réalité, en ancrant mes histoires dans un lieu et une réalité auxquelles on peut rapidement s’identifier.»

Guillaume Lambert

Source: Télé-Québec – Like-Moi

Tourbillon, inspiration, création

De Like-moi à son film Les scènes fortuites en passant par sa web-série L’âge adulte, Guillaume Lambert dépeint et incarne avec une impressionnante justesse, tantôt teintée d’humour, tantôt de drame, des personnages urbains qui font face aux enjeux de leur génération. «J’écris sur ce que je connais», dit-il.

Bien qu’il aime ce tumulte urbain, c’est dans le calme que Guillaume trouve sa voie. Il explique: « Je suis un créateur très solitaire. Il est plutôt rare que j’écrive dans les cafés. Je préfère écrire de chez moi. J’ai besoin de m’isoler pour être efficace et pleinement concentré».

Son chez-soi, l’auteur, comédien et réalisateur l’a aménagé au fil du temps dans plusieurs quartiers de Montréal, chacun lui permettant de connaître la ville sous un angle différent. Ces dernières années, grâce aux nombreux développements qui y sont apparus il a découvert le sud de l’Île. «J’adore la proximité avec le fleuve. Je suis heureux de la nouvelle vie du Canal Lachine et de toutes les activités qu’on y trouve maintenant». Cet intérêt n’est certes pas étranger à son besoin de quiétude pour écrire.

Le Montréal des possibles

À l’automne 2015, Guillaume Lambert publie chez Leméac son premier roman. Satyriasis (mes années romantiques) présente la désillusion d’un amoureux éconduit et obsédé par sa relation brisée. Entre poésie et confidence, Montréal figure dans ce récit à la fois comme témoin de la reconstruction du personnage et comme bailleurs de possibles, offrant les opportunités de donner dans l’excès. Si, dans sa fiction Guillaume ne précise pas les endroits de cette noce, dans sa réalité, il ne se gêne pas pour donner ses adresses.

«J’adore la rue Notre-Dame Ouest, Griffintown et les nouveaux restaurants et cafés du Vieux Port, entre autres. J’aime être à l’affût des nouveaux bars et restaurants et essayer de nouvelles tables. Un pio di piu, le HÀ et le NHÂU Bar dans le Vieux; le Gokudo et le Kazu au centre-ville; La Finca, le Tiradito et le Club Pelicano sur de Bleury; le nouveau café de la SAT, le Elena, le Monarque, le Marusan. Et j’ai hâte d’essayer le Pastel, le Noren, le Jiao, le Miel et le Alma».

En attendant de faire ces découvertes, Guillaume Lambert ne chômera pas. Il tourne actuellement la quatrième saison de Like-Moi et écrit la troisième et dernière saison de L’Âge adulte, récemment nommée aux Emmy International. En plus de jouer Thomas Goyer dans Ruptures, Éric le survivaliste dans Georges est mort et de prêter sa voix à Théo dans Bébéatrice, il planche sur l’écriture d’un second long-métrage. Ouf!

Dans ce tourbillon d’action, Guillaume Lambert aura besoin de reprendre son souffle; et comme il a su nous le démontrer par ses choix de bars et restos, Montréal lui en offre toutes les possibilités.

Photo couverture: Agence artistique Chantal David

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