Histoire

Petite visite, grande découverte

Je vous ai déjà parlé de mon amour des petits musées, du plaisir que j’ai de profiter davantage de l’espace physique, et mental, quand il y a moins de monde. Je suis allée au Musée des Beaux-arts cette semaine: cohue de poussettes-enfants-adultes perdus, incohérents, tentant de se trouver une place… OUF! Le problème avec les petits musées intimes, c’est qu’ils le sont moins quand on en parle… Gros dilemme pour moi aujourd’hui. Alors, je vous en révèle un, mais je garde les autres pour moi! Le Musée Redpath est un lieu d’exposition hors du commun.

Musée Redpath

Source: Musée Redpath

 

Le cadeau de M. Redpath

D’abord, c’est son architecture qui charme. Colonnades et fronton rappellent les caractéristiques du style Greek Revival de l’époque victorienne qui voit naître l’édifice en 1882. Il fut construit pour accueillir les collections du naturaliste Sir William Dawson directeur du Collège McGill pendant plusieurs décennies. Le bâtiment était un généreux cadeau de M. Peter Redpath, fils du fondateur des raffineries de sucre du même nom.

Contrairement aux mandats des musées qui s’articulent traditionnellement autour de l’acquisition, la conservation et la mise en valeur des collections, le Musée Redpath est d’abord orienté vers l’éducation et la recherche. Cela donne une ambiance particulière au lieu. Ici, il n’y a pas de prix d’entrée. Nous sommes invités à faire un don. Il n’y a pas non plus de surenchère à l’attraction du touriste ou du visiteur, ni à la dépense. Pas de restaurant non plus, quelques objets en vente font guise de boutique, sans plus. Un délice pour le parent tanné de dire « non » à chaque demande de son enfant! On peut aussi y croiser des étudiants travaillant avec la collection.

Saut dans le passé

Le Musée Redpath me fait penser à un très riche cabinet de curiosités. Très tendance au XVIIIe siècle, les cabinets de curiosités, ancêtres des musées modernes, étaient des pièces, ou des meubles, où l’on exposait diverses « curiosités » allant du coquillage à l’animal empaillé, de l’objet antique à l’exotique. C’était alors l’occasion de montrer qu’on était riche, savant ou grand voyageur.

Tel un cabinet de curiosités, le Musée Redpath n’est pas épuré, ordonné, ni « au goût du jour ». Comme un grand-parent confiant, il ne cache pas ses années d’existence.

Musée Redpath

Collection insolite

Comme je l’ai dit, la base de la collection du Musée Redpath est celle du naturaliste Sir William Dawson qui travailla, entre autres, avec des fossiles provenant de Nouvelle-Écosse dont nous pouvons observer une partie de la collection. Sont aussi exposés de nombreux squelettes, petits et grands, dont le fameux grand squelette de dinosaure et le crâne de tricératops. C’est comme les musées d’histoire naturelle dans les films. On retrouve notre émerveillement d’enfant.

Les animaux empaillés, c’est un peu macabre, mais c’est beau. Cet état, figé dans le temps, permet d’apprécier les spécimens en détail: forme, texture, panaches ou serres peuvent être contemplés en toute quiétude. Loin du chaos du zoo de Granby…

En faisant le tour des innombrables animaux empaillés, dont certaines espèces aujourd’hui disparues, on s’approprie un peu plus la richesse de notre faune québécoise.

D’ailleurs, l’an dernier un chasseur montréalais a fait don de sa collection de trophées de chasse au Musée. Il chassait en Afrique. Des dizaines d’animaux empaillés par un taxidermiste montréalais de réputation internationale permettent de réaliser à quel point la taxidermie est un art complexe. Vous comparerez ses pièces à d’autres de la collection du Musée…

Et encore…

Après animaux, minéraux et autres fossiles, le troisième étage propose une collection d’objets hétéroclites représentant différentes facettes de cultures du monde. Outre la très belle armure de Samouraï et la statue de Bouddha, vous trouverez des vitrines qui nous informent sur le travail des chercheurs avec ces artéfacts. Je vous recommande celle sur la publicité de la dentisterie chinoise. On y voit l’expérience du dentiste sous un autre angle! La vitrine sur les têtes réduites des Indiens Jivaro nous révèle l’enquête menant à l’authentification d’une tête. Est-ce une vraie?

J’aimerais vous parler encore de la collection, mais je vous laisse découvrir les trois momies égyptiennes, les crânes de nos ancêtres et le reste. J’y ai passé plus de 2 heures! J’y retournerai d’ailleurs avec des personnes à qui j’ai pensé tout au long de la visite en me disant « il faut vraiment qu’il voit ça ». Il y en a pour tous dans ce petit Musée.

Avez-vous d’autres musées hors du commun à nous suggérer?

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